Burkina faso

 

Révélation

 

Burkina, le voyage de la révélation août 2013. Mon tout 1er voyage de solidarité internationale, le début du commencement de ma nouvelle passion. J’avais déjà voyagé dans plusieurs pays auparavant, je n’avais jamais autant ressenti l’importance de ma chance . Et ce que cela pouvait m’apporter au quotidien.
Le Burkina m’a ouvert l’esprit, m’a donné un tout autre horizon sur la vie; vous allez très vite comprendre.

Nous sommes un groupe de 12 jeunes de 25 ans, nous venons d’une petite ville du 77 nommée Roissy en Brie, le nom de notre groupe est SUURI ce qui veut dire Coeur en Moorée.

Ce voyage, s’est organisé 6 mois à l’avance, nous faisons des dossiers de subventions que nous présentons à divers organismes, nous montons des actions de financement comme une tombola, des buvettes afin de récolter des fonds pour que notre groupe parte 3 semaines au Burkina. Nous sommes en relation avec une association sur place dont 12 jeunes du même âge.

Une fois les financements réunis nous nous envolons pour Ouagadougou, nous restons 2 jours sur la capitale afin d’acheter des fournitures pour notre cohabitation dans le village, notre terminus se trouve à 30 kilomètres au sud de la capitale.

Pour ce séjour, nous avons un mini bus et un chauffeur qui nous accompagne tout le long de notre périple, nous voilà 2 jours après dans le village de Saponé, où nous restons 3 semaines. Arrivés le 13 août 2013, nous sommes accueillis avec une cérémonie organisée par les habitants du village, des chants, de la danse, nous en sommes touchés.

Nous habitons dans une maison totalement vide que nous avons aménagé avec des chaises, une table des rideaux, et des matelas en mousse pour dormir , nous l’avons « barricadée » avec une grande moustiquaire.
Concernant les sanitaires, nous avons un emplacement pour la salle bain, pas de douche ni de

robinet, nous irons au puits tous les jours afin de nous doucher, en général, une bassine, plus une bouilloire d’eau par personne nous suffit.

Ma « First Time » pour aller chercher l’eau du puits, nous partons de bonne fois avec nos bidons . Super « Happy » d’apprendre à tirer l’eau du puits, nous pensons que c’est tache facile, eh non! cette activité est même plutôt sportive, au bout de 4 poussées, nous sentons déjà la fatigue, les enfants du village se plient de rire ! L’un d’eux vient nous aider par pitié pour nos bras évidemment, pas prêts pour cela ! J’ai été agréablement surprise qu’un enfant de 5 ans peut-être 6 remplisse en moins de deux, tous nos bidons « Easy » sans la moindre goutte de sueur. Nous nous sentons ridicules, nous essayons chacun notre tour cette ultime épreuve, passage obligatoire, pour avoir de l’eau potable et nous doucher. Enfin remplis, nous mettons tous nos bidons dans la brouette puis partons vers notre maison pour vider l’eau dans un seul et unique conteneur.

Pour nos besoins, un trou devant notre maison entouré de 3 minis murs en briques nous sert de toilette. Ce trou est un traumatisme, l’objet de fous rires pendant toute la durée du séjour. En effet malgré nos multiples précautions : médicaments, ne boire que de l’eau minérale, nous n’avons pas échappé à quelques jours de diarrhée, ce qui nous emmène à « notre trou », un cauchemar!!! car il faut bien viser. Ce petit manque de confort ne nous a pas gâché le séjour.

Nous avons rencontré l’association sur place et nous avons chacun un binôme que nous avons dû apprendre à connaitre pour le présenter au groupe chacun notre tour.

Notre mission : « monter de A à Z , un kiosque dans le village «.
Voilà comment se déroulent nos journées : on se lève le matin, on prend le petit-déjeuner avec les jeunes de l’association PROMO CULTURE, ensuite, nous commençons à creuser pour monter les fondations, nos binômes nous montrent avec leur savoir-faire, on tourne le ciment, nous prenons des pierres en haut de la montagne, pour enfin les casser à coups de marteau.

Chaque après-midi après le repas, nous donnons des activités culturelles aux enfants du village.

Chaque binôme propose une activité, comme le volley, le foot, du double ducht, de la danse, apprentissage sur ordinateur, atelier dessin, peinture ou perle.

Si vous aviez vu ces enfants épanouis qui s’amusaient, riaient, un pur Bonheur!!!
Quelle satisfaction d’apporter un peu de nous, un peu de joie dans le Coeur de ces enfants qui n’ont rien.

Au coucher du soleil, nous rentrons pour dîner, nous engageons une cuisinière du village,

car nous sommes trop nombreux.
Les moments des repas ne sont pas les plus heureux, étant dans un village, vous imaginez

bien que l’ on ne mange pas des fricassées de langouste et son gratin dauphinois!
Non-non! nous sommes loin du compte. Nous devons tout de même manger pour prendre des forces.

Nos journées sont bien remplies, et nous devons l’accomplir sous le soleil de 35 degrés.

J’ai le souvenir que ce n’est pas une contrainte, au contraire, on s’habitue rapidement, à ce mode de vie.

Nous nous sommes tellement liés d’amitié avec les jeunes de l’association et du village, que nous ne voyons pas le temps tourner, nous nous amusons beaucoup!!! Je crois que je n’ai jamais autant rit que durant ce voyage.

Le soir après le repas, nous jouons au UNO , “qui n’a pas déjà joué à ce jeu ?” le rituel de chaque soir, avec son lot de tricheurs, de blagueurs, et de perdants.

D’ailleurs, si il y a un jeu que vous devez emmener durant quelconque voyage, je vous conseille, « le Uno » surtout n’hésitez pas à rajouter des règles afin de renforcer le jeu .

En ce qui concerne les tâches ménagères, nous avons un tableau, chaque binôme tourne, eh! oui, nous sommes très organisés.

Arrivés à la phase où il faut laver les vêtements , qui, d’ailleurs se salissent vite avec la terre rouge. Nous lavons à la main et nous les séchons dehors sur une ligne de fil que nous installons tout autour de la maison. Jusqu’au jour, où une femme du village veut bien   nous laver nos vêtements, apparemment, c’est « le pressing « du village, pas mal de personnes lui ramènent des vêtements à laver et repasser, ne me demandez pas comment elle fait, sans lave- linge ni sèche-linge.

Ce que je peux vous dire, mes vêtements n’ont jamais été aussi propres, aussi blancs (pour les vêtements blancs) sentis aussi bon que à ce moment-là. Cette femme a un secret que l’on ne découvrira jamais, je suis tellement impressionnée car nous savons qu’elle les lave à la main “ waou! chapeau” ! Tout était bien repassé, plié qu’on ne voulait même pas les déplier. Un grand respect pour ces femmes.

Comme quoi nous pouvons vivre sans machine.
Je me souviens d’ailleurs, d’un épisode marquant en parlant « propreté ».

Un ami avait amené des chaussettes blanches, je ne sais pas comment il se retrouve toujours à marcher sur la terre rouge sans chaussures, évidemment, vous pensez bien que ses chaussettes ne sont pas restées blanches longtemps, mais rouges !!!; nous lui conseillons de les jeter, mais, un de nos binômes de Promo Culture nous dit que non, on peut les faire redevenir blanche, ce qui a suscité un grand débat, d’ailleurs très amusant, d’où un pari est né.
Est -ce que les chaussettes pourront redevenir blanches ?

Notre amie lave les chaussettes avec une telle technique qu’au bout de 10 minutes les chaussettes deviennent blanches. Incroyable mais vrai, une machine moderne n’aurait jamais eu ce résultat ! Je peux vous l’assurer.

Nous apprenons tous les jours sur eux, leurs cultures, leurs coutumes et sur nous-même. Je n’avais pas de téléphone, pas d’internet ni de tablette, juste un appareil numérique pour faire des photos, « make up, no strass et paillettes », je suis fière de vous dire que à aucun moment, je n’ai ressenti un manque, je me sens bien, heureuse, pour une fois, je ne me soucie de rien, je ne me plaints pas: « je vis, simplement ».

Comment je peux me plaindre quand vous voyez une petite de 6 ans qui porte sa sœur de deux ans sur le dos et qui va chercher des pierres plus lourdes qu’elle, sans broncher, après ça, vous ne pouvez qu’apprécier ce que vous avez et, devenir meilleurs!!

En effet, un gros constat, ils n’ont rien, mais tellement plus heureux que nous, qui avons tout le confort possible.

Pendant notre séjour au village, nous nous accordons quelques sorties hors de Saponé

Nous voilà en direction de La mare au Caïmans Sacrés de Sabou pour voir des crocodiles apprivoisés ! Tout se passe très bien, nous prenons des photos, certaines, ont même réussi à s’asseoir sur un crocodile ! Cette escapade est de courte durée, car la pluie nous surprend, nous nous abritons sous un arbre, rien n’y fait, nous décidons de rentrer, mais nous sommes trempés,cela nous a coûté des fous rire ! Rien ne pouvait arrêter notre bonne humeur.

Après 3 semaines intenses, nous arrivons au bout de notre projet, le kiosque était totalement terminé. Nous avons épuisé toutes les différentes activités, j’ai même réussi à rouler avec un scooter à deux, je ne sais pas si vous vous imaginez comment sont les scooters là-bas, rien à voir avec ceux de chez nous ! C’est un pari réussi!!!

Nous avons profité du Maki du bout du village “Ah! qu’est-ce qu’ on a dansé, j’ai un grand sourire en vous écrivant cela”!!!
Un Maki, c’est ce que nous appelons un bar dansant en France, bien sûr les moyens ne sont pas les mêmes, 4 bouts de tôles, des guirlandes de Noël, un DJ qui passe des cd parfois rayés!!!

Aucune différence, je me suis tellement amusée.
Je me souviens, également quand nous rentrons dans le noir total, l’électricité est très limitée, il n’y a pas de lampadaire, nous avons des lampes frontales et des lampes torches, avec les ombres, nous nous faisons des frayeurs, nous nous mettons à courir tellement vite pour arriver à notre maison, cela nous fait  beaucoup rire.

Nous nous sommes tellement attachés au village et leurs habitants, que le « au revoir » fut déchirant. Nous l’avons fait en bonne et due forme, laissez moi, vous raconter ;

Nous voulons tellement bien clôturer notre séjour que nous décidons de créer une pièce de théâtre cela s’est organisée très vite, en 4 jours, car nous avons de bons acteurs, à en pleurer de rire.
Nous décidons de présenter cette pièce au village, le maire y assiste, très content de notre action, il nous remercie, nous faisons de même, il offre le chapeau de Saponé à chacun d’entre nous personnalisé avec nos prénoms. Ce chapeau de fabrication artisanale et manuelle, nous avons eu le droit d’assister à sa création, le voilà sur notre tête, très impressionnés, nous sommes honorés. Ensuite avec les jeunes de l’association, nous formons une ronde, nous nous tenons la main chacun notre tour, nous disons quelques mots, c’est très émouvant, les larmes coulent, beaucoup d’amour en est ressorti. Voilà mon message :

« Chaque goutte d’eau forme les grandes rivières aujourd’hui, nous sommes ces gouttes d’eau. »

Une déchirure, c’est la fin.

Nous voilà à Ouagadougou pour un jour, avant de rentrer à Paris.

Plus rien, n’est pareil!!!

Une envie de connaitre chaque culture, chaque pays, connaitre leurs histoires, les comprendre.

Là où le Coeur est, les pieds n’hésitent pas à y aller!!!

Me voilà quelques années plus tard, voulant partager avec vous, mes aventures !!!

 

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